Drôle de guerre dans le Golfe

La traditionnelle rivalité géopolitique entre l’Arabie saoudite et l’Iran prend un tour belliqueux, sur fond d’affrontements indirects en Syrie et au Yémen. Confortés par les États-Unis, où ils disposent d’un influent groupe de pression, les Saoudiens entendent dicter leur ligne de conduite à leurs voisins arabes. Et gare à ceux, comme le Qatar, qui ne rentrent pas dans le rang.
par Fatiha Dazi-Héni

Rappeler qui est le patron dans la région et affirmer son emprise hégémonique sur les monarchies voisines : tel est le sens de l’offensive diplomatique agressive de l’Arabie saoudite contre le Qatar. Alliés pour la circonstance avec Bahreïn et l’Égypte, le royaume et les Émirats arabes unis ont annoncé le 5 juin dernier la rupture de leurs relations diplomatiques avec Doha, accusé officiellement de « soutien au terrorisme » et de participation à diverses entreprises de déstabilisation aux côtés de l’Iran. Dans la foulée, Saoudiens et Émiratis lui ont fermé leur espace aérien et maritime ainsi que la seule frontière terrestre de la petite péninsule qatarie, par où transitent 90 % de ses produits de base, notamment alimentaires. La liste des exigences envoyées à Doha ne cesse de s’allonger au fil des ultimatums et fait fi de toute souveraineté de l’émirat : fermeture de la chaîne Al-Jazira, de la base militaire turque, rupture de tout lien avec les Frères musulmans, le Hezbollah et les formations djihadistes, etc.

La crise couvait depuis le 23 mai. Ce jour-là, l’agence de presse Qatar News Agency diffusait un communiqué attribué à l’émir Tamim, où il dénonçait la diabolisation de l’Iran, du Hamas palestinien ou du Hezbollah libanais, à la suite de la visite officielle de M. Donald Trump à Riyad (20 et 21 mai). Dès le 24, Doha démentait cette information, affirmant que son agence de presse avait été piratée et qu’un « faux communiqué » avait été publié. Mais cela n’a pas suffi à empêcher l’escalade.

Le précédent conflit diplomatique à avoir opposé Saoudiens, Émiratis et Bahreïnis aux Qataris remonte à l’année 2014, lorsque ces derniers ont rappelé pendant huit mois leurs ambassadeurs pour exprimer leur hostilité à la répression menée contre les Frères musulmans par le régime du président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi. Le prince héritier Mohammed Ben Zayed Al-Nahyane, l’homme fort d’Abou Dhabi, nourrit une forte aversion contre cette confrérie et, depuis trois ans, la presse locale mène une (…)

Source: http://www.monde-diplomatique.fr/2017/07/DAZI_HENI/57677

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